Banque postale : Le conseiller détourne 167.928 € à des personnes âgées et… décédées

La Banque postale obtiendra, entre autres, 1.000 € d'indemnités. ©ADN12

L’homme d’une quarantaine d’années a, entre 2013 et 2016, puisé dans les comptes en banque de personnes âgées et même… décédées ! Les victimes étaient de Mur-de-Barrez, Laguiole, Sainte-Geneviève-sur-Argence et de Saint-Amans-des-Cots.

C’est un mécanisme ingénieux mais teinté d’un profond cynisme. Un conseiller de la Banque postale, entre 2013 et 2016, monte un système à peine croyable pour augmenter son train de vie.

L’homme remarque d’abord que de nombreux comptes en banque sont sans mouvements. Particularité, ils appartiennent tous à des personnes âgées. Mais pas seulement. Certains sont encore aux noms de clients… décédés ! Le quadragénaire est même allé jusqu’à rajeunir, manuellement, ses victimes de vingt, trente voire cinquante ans, afin de ne pas attirer l’attention des mécanismes de contrôle.

Pour pouvoir recevoir l’argent, il se crée une fausse identité : Colette Dulac. Dans un immeuble, il remarque même qu’une boîte aux lettres est inutilisée. Il y colle une étiquette estampillée de ce nouveau patronyme, afin de pouvoir recevoir tous les courriers au nom farfelu qu’il a inventé.

« Ce monsieur s’est caché derrière des morts »

Une fois le système en place, il ne reste plus qu’à faire des virements vers son nouveau compte, enfin celui de Colette Dulac. En tout, le conseiller détourne exactement 129.531,68 € en un peu moins de trois ans. De l’argent qui lui permet de voyager, d’aller au restaurant, de s’amuser…

Des clients se plaignent de ces mouvements d’argent. L’escroc se sert alors d’autres comptes pour renflouer ceux des usagers mécontents. Les préjudices atteignent alors à 167.928 € pour la Banque postale.

Mais voilà, les mécanismes de contrôle de la Banque postale ont eu raison de ce système. Le fraudeur – déjà licencié deux fois, par le passé, pour faute dans d’autres banques – est rattrapé par la patrouille et devra répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Rodez.

Le jugement a eu lieu, ce mercredi. L’avocat de la partie civile et le procureur de la République ont parlé « d’une vie de fraude », alors qu’en 2017, l’ancien banquier a aussi falsifié des documents pour obtenir un prêt. Le ministère public a requis trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis et l’obligation d’indemniser les victimes, dénonçant au passage une démarche « dégueulasse et lâche. Ce monsieur s’est caché derrière des morts, derrière des papys et des mamys ! »

Les juges sont allés dans le sens du procureur, puisque le prévenu a été condamné à la peine de prison requise, avec un aménagement possible, à l’obligation d’indemniser les victimes, ainsi qu’à verser 1.000 € à la Banque postale pour atteinte à son image et à payer 1.500 € d’amende. De plus, il lui est désormais interdit de retravailler en banque.

Le quadragénaire a finalement été condamné pour escroquerie simple et non pour « escroquerie par personne chargée d’une mission de service public dans l’exercice de sa mission » car La Poste, à cette époque, était déjà devenue une société anonyme. De plus le conseiller en question n’a jamais eu le statut de fonctionnaire.