Rentrée parlementaire. Jean-Claude Luche : « La RN 88 sera toujours mon combat »

Jean-Claude Luche a fait le point, à l'heure de la rentrée. ©ADN12

Le sénateur de l’Aveyron a fait le point sur son premier semestre à la chambre haute et donné des perspectives, alors qu’il retrouvera le palais du Luxembourg, à Paris, mardi 25 septembre. Un courrier reçu, lundi 27 août, de la part de la ministre en charge des Transports Élisabeth Borne, concernant l’axe Rodez-Sévérac-d’Aveyron, l’inquiète particulièrement.

Route nationale 88

Voilà des années, depuis l’époque où il était à la tête du conseil départemental, que Jean-Claude Luche, sénateur de l’Aveyron, se bat pour le passage à deux fois deux voies de la Route nationale 88 (RN 88) entre Rodez et Sévérac-le-Château (aujourd’hui Sévérac-d’Aveyron). Un courrier, qui lui a été adressé par la ministre en charge des Transports Élisabeth Borne, en date du lundi 27 août, lui fait craindre la fin de cette réalisation au profit d’autres aménagements.

Ce courrier m’inquiète énormément. Cette lettre dit : ̏ La seconde partie de l’étude permet de mettre en perspective plusieurs scénarios, allant de l’aménagement sur place de la route existante jusqu’à la construction d’une deux fois deux voies.̎ Un éventuel aménagement sur place, cela veut dire, certainement, soit des élargissements pour faire des voies de dépassement, soit des tronçons à deux fois deux voies…

Une perspective qui, selon le sénateur Luche, ne réserve que de nouvelles complications :

Ça veut dire que l’on est reparti pour avoir une nouvelle déclaration d’utilité publique, pour avoir de nouvelles acquisitions foncières. On est reparti pour un calendrier très long et c’est un manque d’ambitions. Ce que je regrette, c’est que ce scénario soit étudié alors que parallèlement à ça, l’État est propriétaire des terrains entre le Causse Comtal et Sévérac. La déclaration d’utilité publique a eu lieu et cette deux fois deux voies doit être faite pour quarante ou cinquante ans, pour les générations qui viennent. Je suis inquiet que ce scénario soit étudié.

Pour passer à une deux fois deux voies, Jean-Claude Luche promet de ne pas baisser les bras :

La RN 88 c’était mon combat de tous les jours quand j’étais président du Département. Et ce sera toujours mon combat tant que je serai élu. Pour moi, c’est un enjeu majeur d’attractivité du territoire. Envisager un aménagement sur place, c’est très restrictif en fait. Je veux que mon département puisse se développer le plus harmonieusement possible.

Si l’objectif de 300.000 habitants dans l’Aveyron est atteint, conformément à la volonté des autorités politiques et face à l’augmentation de la circulation sur la RN 88, il est certain que cet axe est des plus stratégiques. Le sénateur propose que les travaux soient réalisés en deux temps : « d’abord Rodez-Laissac, ensuite Laissac-Sévérac. » Le projet total de deux fois deux voies est chiffré à 350 millions d’euros, à répartir à égalité entre l’État et la Région.

Rapporteur du projet de loi « Droit à l’erreur »

Jean-Claude Luche, lors du premier semestre au Sénat, a été rapporteur du projet de loi « Droit à l’erreur ». « C’est-à-dire qu’un citoyen lambda a le droit de se tromper sur sa déclaration d’impôts ou l’employeur sur sa déclaration à l’Urssaf », détaille-t-il.

Dans ce « projet de loi fourre-tout où on allait de la fusion des chambres d’agriculture à la fusion des universités », le sénateur de l’Aveyron a une déception :

Ce droit à l’erreur est bon et valable – au Sénat en tout cas – pour les citoyens mais pas pour les collectivités territoriales. Un maire n’a pas le droit à l’erreur par exemple. C’est vraiment regrettable.

Loi Elan

Dans cette loi qui concerne l’habitat, avec un aspect aménagement du centre-ville, du centre-bourg et la problématique des banlieues, les sénateurs ont voté le maintien, pour les restaurants, de pouvoir mettre leur panneau à l’entrée des villes et des villages. « J’avais des échos de professionnels aveyronnais qui se plaignaient du manque à gagner concernant cette absence de signalisation, annonce Jean-Claude Luche. Bien sûr, il faut être très vigilant sur cette signalétique et ne pas faire n’importe quoi. Il faut que ce soit harmonieux, bien indiqué, propre. Pas avec des panneaux de travers. Là, je fais confiance aux professionnels. »

Amendement rejeté

Le sénateur de l’Aveyron a déposé un amendement, afin d’enrichir la loi Alimentation, pour que soient bien spécifiés sur les emballages les lieux de production et de transformation des produits. « Je souhaite qu’il y ait plus de transparence pour les consommateurs et donc plus de bénéfices pour les producteurs », explique-t-il. Selon lui, la raison du rejet de son amendement viendrait du souhait du gouvernement de « ne pas se fâcher avec les autres pays européens » alors que la raison officielle évoquée était plutôt « les règles européennes » à respecter.